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DEMOGRAPHIE

UN PEU DE DEMOGRAPHIE

   Le mouvement naturel de Sarroux :

ANNEES

MARIAGES

NAISSANCES

DECES

1810

12

35

22

1820

5

39

10

1830

5

25

25

1840

10

36

20

1850

7

30

17

1860

21

32

17

1870

10

36

31

1880

7

30

23

1890

12

18

20

1900

9

19

18

1910

5

21

11

1920

15

9

13

1930

1

7

9

1940

1

7

12

1950

8

7

12

1960

6

4

8

1970

5

0 + 2*

7

1980

5

0 + 2*

5

1990

2

0 + 2*

5

2000

3

0 + 4*

1

* Il s'agit de "mentions de naissance" : les accouchements se sont produits à la maternité mais concernent des habitants de Sarroux.

 

   La population de Sarroux d'après les recensements :

ANNEES

POPULATION

ANNEE

POPULATION

1836

1 109

1921

713

1851

1 149

1926

671

1861

1 083

1931

607

1866

1 112

1962

451

1872

1 065

1968

426

1891

935

1975

375

1896

1 130

1982

361

1901

1 013

1990

362

1906

970

1999

379

1911

952

2007

428

  Ces deux tableaux dépeignent deux visages contrastés de la population sarrousienne. L'exubérance de la population est manifeste dans la première moitié du XIX° siècle : ses effectifs s'accroissent et les naissances se révèlent bien plus nombreuses que les décès. La pluriactivité domine : les paysans complètent leurs maigres ressources par des travaux artisanaux. Comme dans de nombreuses communes rurales de France, le maximum de population est atteint au milieu du XIX° siècle. La natalité entame un recul sensible dans les années 1880 et, dès 1890, les décès supplantent numériquement les naissances. L'émigration saisonnière devient émigration définitive. Les deux guerres aggravent la situation démographique de Sarroux qui perd un grand nombre d'habitants. Après une stabilisation survenue dans les années 1980, une nette reprise s'enclenche : + 18,6% en un quart de siècle. Il ne reste plus à espérer que ce mouvement ascendant se poursuive ...

   Comment vivait la population de Sarroux ? Nous possédons un témoignage remarquable qui concerne la Belle Epoque grâce à Jean VANT, l'instituteur de Sarroux de 1887 à 1917 qui écrivit une monographie de sa commune en 1903. Il y présente la vie quotidienne de ses concitoyens. Les lignes qui suivent empruntent beaucoup à ce travail manuscrit non publié et déposé aux Archives Départementales de la Corrèze (cote BR 187).                  

   En 1903, la plupart des propriétés s'étendent sur 10 à 15 ha : la plus petite n'a que 14 ares et la plus grande atteint 49 ha. Le faire-valoir direct est la norme : le propriétaire cultive lui-même les terres qu'il possède en s'aidant éventuellement de quelques domestiques. Le métayage est inconnu et le fermage très peu répandu : il se paie en deux termes, le 14 septembre (jour de la Sainte Croix) et le 25 mars (jour de l'Annonciation). Le recours à la  main d'oeuvre salariée paraît assez fréquent. Dans les années 1900, un domestique masculin reçoit annuellement 300 à 350 Frs alors que sa collègue se contente de 180 ou 200 Frs, les bergers émargent à 60 - 70 Frs. La terre se vend aux alentours  de 1 000 Frs  l'ha ; son  prix  ne cesse  de  baisser depuis  le  début  des  années  1870   (1 500 Frs) ; la crise économique, appelée "Grande Dépression" (1873 - 1896), est passée par là.                                               

   Vaches et veaux assurent la fierté des propriétés ; quelques brebis, chevaux et ânes mais aussi des porcs et des oies forment le cheptel. Les céréales occasionnent un surcroît de travail, notamment au moment des moissons qui s'effectuent fin juillet ou début août. Ces crues de travaux amènent en nos contrées des travailleurs saisonniers de la Basse Corrèze qui, ensuite, vont faire les fenaisons dans les Monts d'Auvergne.  

 

  

Les moissonneuses  

                   

   S'en aller est le lot de nombreux habitants de Sarroux. A l'adolescence, ils s'en vont avec leur baluchon pour la Beauce se louer comme vachers. Mais ils n'oublient pas leur commune natale et un grand nombre revient se marier au pays avant de repartir avec leur épouse dans la région parisienne. Les enfants, nés de ces unions, font de fréquents séjours chez les grands parents et lorsque ces derniers vieillissent ou disparaissent, les émigrés reviennent au pays travailler le patrimoine familial qu'ils s'efforcent d'agrandir. D'autres "montent" directement dans la capitale, travaillent dans des gares ou des usines mais ne manquent pas de "redescendre" à Sarroux, leur carrière accomplie. 

   Cependant, la vie quotidienne du village ronronne. D'une manière générale, les traditions persistent :

   * Les distractions demeurent rares. Les chants ont disparu des champs. Toutefois, les "veillades" (veillées) hivernales du dimanche subsistent et permettent aux jeunes filles de se laisser courtiser par les invités masculins. Les conteurs et les chants égayent les veillées familiales. L'instituteur déplore que les Sarrousiens soient peu portés sur la danse malgré la présence de deux ou trois "violonneux".

   *Dans les maisons anciennes, une seule pièce sert à la fois de cuisine, salle à manger et chambre à coucher. Dans le mur à droite du "cantou" (grande cheminée en pierre de taille), un enfoncement appelé "bassière" renferme tous les ustensiles de la cuisine.

 

 La cave occupe le sous-sol de la cuisine ; les pommes de terre s'y entassent et voisinent avec un tonneau de cidre, voire un tonneau de vin, un barillet de vinaigre. Les grains sèchent dans les greniers. Les nouvelles maisons s'organisent autrement autour de deux ou trois pièces ; l'étable n'est plus contiguë. Mais les matériaux traditionnels (granit et gneiss) demeurent, la chaux supplantant petit à petit l'argile comme mortier. Charpentes, poutres et planchers se taillent toujours dans le chêne. Notre région hésite beaucoup pour les toitures : le chaume domine encore mais la concurrence se renforce avec l'ardoise et la tuile dite de Roanne.

   * Imprégné de philosophie positiviste et de scientisme, l'instituteur Jean Vant observe une amélioration au niveau de l'hygiène publique qui reste cependant rudimentaire. Dans les bourgs et les hameaux, les rues sont absentes. Les chemins qui conduisent aux maisons sont généralement boueux, débouchent sur une cour ou un patus non clôturés et n'arrivent jamais devant la porte. Les cours de ferme ressemblent à des bourbiers, à la satisfaction des porcs et des oies ! A proximité de l'habitation, le tas de fumier réceptionne tous les déchets de la  maison.

 

   * Et que dire de l'hygiène privée ? Les salles de bains sont inexistantes et se laver reste un luxe. L'effort porte sur la "toilette sèche". Les habitants renoncent désormais aux habituels habits de bure pour des vêtements achetés à Bort. D'ailleurs, Jean Vant note avec dépit : "plus d'un père de famille se trouve gêné pour satisfaire le goût de ses filles pour la parure". Le dimanche surtout, chacun aime exhiber des habits propres. Il n'en est pas de même dans des communes avoisinantes, persifle l'instituteur.

   * La nourriture n'a pas réellement changé depuis des décennies mais elle est devenue suffisante : du pain de seigle, des pompes (galettes de sarrasin), des pommes de terre, des oeufs, du laitage et la viande salée provenant des cochons élevés dans chaque propriété. La viande fraîche se consomme peu et est réservée aux grandes fêtes (sans doute Pâques, la St Barthélemy et Noël).

   De ce fait, les épidémies se raréfient. Jean Vant écrit qu'en 1871, la dysenterie (ne confond-il pas avec la variole ?) a tué une vingtaine d'habitants, le croup a fait disparaître deux enfants en 1888. La phtisie (forme de tuberculose) est encore présente. Les gens, perclus de douleurs, se plaignent de rhumatismes.

   A la Belle Epoque, la commune s'ouvre. Les jeunes hommes partent pour le service militaire rendu obligatoire en 1889. La durée hésite entre deux ans (de 1905 à 1913) et trois ans (de 1889 à 1905 et à partir de juillet 1913, quand les bruits de bottes deviennent assourdissants). Les jeunes Sarrousiens découvrent alors d'autres modes de vie et d'autres horizons sociaux et culturels. L'armée prolonge ainsi le travail entamé par l'école devenue obligatoire, gratuite et laïque avec les lois Jules Ferry (1881-1882).

   Ecole de Sarroux au siècle dernier

Ecolières revenant de l'école    

 

  A la veille de la Première Guerre Mondiale, tous les enfants de Sarroux, garçons comme filles, fréquentent l'école. Les Sarrousiens sont demandeurs car ils pensent que l'instruction est, pour leurs enfants, un ascenseur social : le savoir ouvre des portes et permet d'espérer une meilleure situation sociale. Le bilinguisme s'installe : le français, langue de l'administration, voisine avec l'occitan, langue du quotidien.

 

        

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